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C'est officiel : le Miel des Landes est désormais une indication géographique protégée (IGP). La Commission européenne l'a enregistré le 15 octobre 2026, après une procédure de plusieurs années. Les Landes de Gascogne rejoignent ainsi le club très fermé des terroirs français dont le miel est protégé au niveau européen. Voici ce qu'il faut savoir.

Une reconnaissance attendue

Le dossier a connu plusieurs étapes. Le cahier des charges a d'abord été homologué par arrêté le 17 août 2023. Plusieurs opérateurs de la filière l'ont contesté devant le Conseil d'État, qui a validé la reconnaissance le 12 mars 2025 en rejetant leur requête. Il revenait ensuite à la Commission européenne d'examiner la demande et d'inscrire le nom au registre européen des indications géographiques. C'est chose faite depuis le 15 octobre 2026, sous le numéro de dossier PGI-FR-03002.

Avec cette inscription, la France compte désormais sept miels protégés au niveau européen : deux AOP (Miel de sapin des Vosges et Miel de Corse – Mele di Corsica) et cinq IGP (Miel de Provence, Miel d'Alsace, Miel des Cévennes, Miel de tilleul de Picardie et Miel des Landes). Retrouvez-les tous sur notre atlas des miels.

Un terroir de sable, de pins et de landes

L'aire de l'IGP couvre l'ensemble du département des Landes, ainsi que des communes de Gironde et du Lot-et-Garonne. Le cahier des charges la décrit comme un grand triangle posé sur le plateau sédimentaire landais : il longe la côte atlantique, du sud des Landes jusqu'à la pointe de Grave, est bordé au nord par la Garonne et a sa pointe orientale à Nérac.

Ses sols sableux et acides, en grande partie plantés de pins maritimes, abritent une flore particulière : bruyère cendrée, callune, bourdaine, arbousier, ainsi que des châtaigniers et des robiniers. C'est cette diversité, étalée sur toute la saison, qui permet aux apiculteurs de récolter plusieurs miels très différents. Le Conseil d'État a d'ailleurs reconnu des caractéristiques organoleptiques liées à ces sols sableux et à la richesse des espèces florales.

Sept miels sous une même bannière

L'IGP couvre six miels monofloraux et un miel polyfloral. Voici comment le cahier des charges les décrit :

MielCouleurGoût
AcaciaIncolore à jaune très pâleDélicat et doux, notes de fleurs blanches
ArbousierAmbre clair à beigeAmertume marquée, notes de marc de café et de cacao
BourdaineBrun clair à brun-rougeIntense et complexe, notes épicées et pointe de caramel
Bruyère cendréeAmbre clair à brun foncéBoisé, parfum d'amande, légère amertume
CalluneBrun-rouge à reflets rouxTrès intense et persistant, boisé, légère amertume
ChâtaignierBrun foncé à rougeâtrePuissant, boisé, notes de caramel et de cuir, tannique
Toutes fleursVariableSelon les fleurs et la période de récolte

Le miel de callune, à la texture gélatineuse si particulière, est sans doute le plus emblématique. Nous lui consacrons une partie de notre fiche sur le miel de bruyère. Le châtaignier landais a lui aussi sa place dans notre fiche sur le miel de châtaignier.

Ce que garantit le cahier des charges

Une IGP ne se résume pas à un nom sur une étiquette. Le cahier des charges du Miel des Landes fixe des règles précises :

  • Les ruchers sont dans l'aire. Ils doivent être déclarés chaque année. L'extraction, le stockage et le conditionnement peuvent se faire en dehors.
  • Pas de flamme directe. Le miel ne peut pas être chauffé à la flamme ni à la vapeur ; seuls certains équipements de réchauffage sont autorisés.
  • Pas d'ultrafiltration. Décantation ou filtration simple sont obligatoires, mais l'ultrafiltration, qui retire le pollen, est interdite.
  • Des critères de fraîcheur. Le taux d'HMF, un indicateur de chauffage et de vieillissement, est limité à 12 mg/kg jusqu'à la fin de l'année de production.
  • Une teneur en eau maîtrisée. 18,5 % au maximum, 21 % pour la callune, naturellement plus riche en eau.
  • Une signature pollinique. Dix pollens marqueurs caractérisent l'aire géographique, et les pollens de grandes cultures ne sont admis qu'à l'état isolé.
  • Pas de mélange avec d'autres miels. Seuls des lots sous IGP peuvent être assemblés entre eux.

Pour le miel de callune, le cahier des charges impose aussi l'usage de la picoteuse, une machine qui « brise » le gel du miel dans les alvéoles avant l'extraction. Introduite en 1947 selon le dossier, elle a relancé le marché de ce miel singulier.

Une histoire de près de neuf siècles

Le cahier des charges retrace une tradition ancienne. Des écrits attestent l'apiculture dans le pays dès le XIIe siècle, avec des ruches traditionnelles appelées bournacs ou cahournes. La cire de callune, très blanche, était recherchée pour les chandelles des châteaux.

Le paysage a profondément changé au XIXe siècle : à partir de 1857, les travaux d'assainissement lancés sous Napoléon III ont transformé les landes humides en forêt de pins. Les apiculteurs ont su s'adapter à ce nouveau paysage. La création du Parc naturel régional des Landes de Gascogne, en 1970, a ensuite contribué à valoriser les produits locaux.

L'IGP est portée par le Syndicat des miels des Landes, basé à Mont-de-Marsan.

Comment reconnaître un Miel des Landes IGP

Sur le pot, vous devez trouver :

  • la dénomination « Miel des Landes » bien visible ;
  • la mention IGP ou « indication géographique protégée », avec le logo européen jaune et bleu ;
  • le nom de l'organisme certificateur, précédé de « certifié par ».

Si une fleur est indiquée (callune, châtaignier…), le miel doit en provenir majoritairement et présenter les caractéristiques polliniques correspondantes. Un pot qui affiche « miel des Landes » sans ces mentions n'est pas forcément mauvais, mais il ne bénéficie pas des garanties de l'IGP.

Une bonne nouvelle dans une année difficile

Cette reconnaissance tombe dans une saison compliquée pour les apiculteurs landais. Les canicules de l'été 2026 ont fortement réduit les miellées d'été, et l'Unaf a signalé des ruchers détruits et des ressources mellifères brûlées lors des incendies, notamment dans les Landes. Lire notre article sur la récolte de miel 2026.

Pour trouver un producteur près de chez vous, consultez notre guide pour trouver un apiculteur.

Sources

  1. Commission européenne, registre des indications géographiques eAmbrosia, Miel des Landes (PGI-FR-03002), enregistrée le 15 octobre 2026.
  2. INAO, cahier des charges de l'IGP Miel des Landes.
  3. INAO, « Décision du Conseil d'État : Miel des Landes », 2025.
  4. AFP, « Récolte de miel 2026 : des abeilles déboussolées par la sécheresse », Terre-net, 2 octobre 2026.

Le miel est un aliment plaisir, à consommer dans le cadre d'une alimentation variée. Il ne doit pas être donné aux enfants de moins d'un an (recommandation de l'Anses).

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